LES INÉDUCABLES
STOCKHOLM / Qui vaut-il mieux éduquer ? Les enfants ? Les adultes ? Les deux ? Aucun ? Dans Les inéducables, le dramaturge Erik Uddenberg tente, non sans humour, de trouver la réponse à ces questions qui taraudent la société suédoise contemporaine. Un texte mis en scène par Suzanne Osten sur un mode ludique, à la fois léger et profond.
ERIK UDDENBERG / SUZANNE OSTEN
Spectacle surtitré en français
Première en France !
Quand les relations entre enfants et adultes commencent à générer incompréhension et conflits à répétition, c’est qu’il y a un problème. La question se pose alors de savoir pourquoi la transmission ne se fait plus dans les conditions habituelles de respect réciproque. En se demandant au passage si ce n’est peut-être pas en partie du côté des parents que réside le problème. Ceux-ci n’auraient-ils pas besoins d’être « éduqués » afin de mieux comprendre ce qui est en jeu ? Ce n’est pas leur bonne volonté qui est remise en question car ces parents passent beaucoup de temps avec leurs enfants. On ne saurait donc leur reprocher de délaisser leur progéniture. Pourquoi alors les enfants saturent-ils les services d’assistance téléphonique ?
Cette pièce du dramaturge suédois Erik Uddenberg est le deuxième volet d’un diptyque – Les éducateurs et Les inéducables –, qui interroge sur un mode ludique les relations entre la jeunesse et les figures parentales dans la Suède d’aujourd’hui. Mis en scène par Suzanne Osten, le spectacle est construit sur la capacité des uns et des autres à prendre de la distance pour rejouer leurs conflits en empruntant des masques. Une fois leurs visages dissimulés, un éducateur encourage des groupes d’adolescents à plonger en eux-mêmes pour retrouver une émotion intime. Il ne s’agit pas de plonger dans la violence, mais de se réconcilier en quelque sorte avec soimême. Il en résulte une série de séquences improvisées souvent drôles, à l’effet libérateur. De leur côté, les parents se réinventent en personnages d’une farce ironique comme s’ils sortaient d’un feuilleton télévisé. Ou comment déjouer des situations inextricables en imaginant des espaces parallèles où, à travers la liberté du jeu, les conflits trouvent un exutoire. En prise avec une réalité difficile, ce théâtre mise sur la capacité de la représentation à créer un effet d’appel d’air. Suzanne Osten, par ailleurs cinéaste, maîtrise à la perfection ce théâtre exploratoire qui depuis 1975 avec sa compagnie Unga Klara interroge la situation des enfants et des adolescents en relation avec la société contemporaine et le monde des adultes.
Toutes les représentations sont suivies d'ateliers dédiés aux scolaires
Production Unga Klara
Avec Frida Beckman, Rakel Benér, Malin Cederbladh,Victor Criado, Patrick Hont, Frederik Lundqvist, Jan Modin, Ulrika Nilsson, Adam Pålsson, Victor Ström, Cilla Thorell / Traduction Marianne Ségol / Dramaturgie Erik Uddenberg / Décors et costumes Anna Heymowska Masques My Walther / Maquillage Erika Nicklasson / Musique Kristina Aspeqvist / Lumière Lina Benneth / Direction artistique Suzanne Osten