© Armin Smailovic

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À l’ouest rien de nouveau, ce roman d’Erich Maria Remarque a marqué des générations. Peu de livres font prendre conscience de la folie réelle de 14-18. Par son style direct, proche du documentaire, il nous restitue la fraternité aussi bien que la violence d’une manière inhabituelle qui annonce Samuel Fuller ou Truman Capote. Ce livre publié en 1929 sera sur la liste des autodafés. Voici la voix allemande que Luk Perceval nous fait entendre, face à celle de Barbusse, autre grand pacifiste, qui lui a publié Le Feu dès 1916. Les voix néerlandaises, anglaises, françaises et allemandes sortent des tranchées : on découvre les souffrances, les ruses, les terreurs et les espoirs du jeune engagé volontaire Paul Bäumer, du sous-officier Katczinsky, du fils de paysan Emiel Seghers, du lieutenant De Wit. La vie privée s’enroule dans la stratégie militaire. Luk Perceval, par un dispositif musical et une dramaturgie sobre nous fait entendre, avec une puissance d’évocation inouïe, cette polyphonie de sentiments et de douleurs.