Incantations © Cie Pseudonymo

UN WEEK-END DE PERFORMANCES

Création

Théâtre de gestation et d’apparitions de corpuscules oniriques, comme jaillis du Codex de Dioscoride, médecin biologiste de l’antiquité, Incantations esquisse une transfusion de l’écriture du poète espagnol Antonio Gamoneda dans l’univers marionnettique.

Il y est question d’immersion dans la matière, d’expériences sur le poison, la folie, l’ébriété de la vieillesse. À travers son œuvre, Antonio Gamoneda semble observer la substance-temps au microscope. En sondant la traversée d’une existence humaine, il en dépèce la chair et en livre un diagnostic âprement métaphysique.

Dans l’espace vide, blanc de lumière, la mise en scène cisèle la polyphonie des partitions artistiques en présence. Chacune se construit, irriguée par la puissante écriture du poète espagnol. Un corps, un violoncelle, une voix et une mécanique d’ombres projettent sons et signes sur la surface clampée d’un écran.

Au plateau, Cristina Iosif développe la corporéité riche et protéiforme d’un être énigmatique, figure du poète ou de ses angoisses. Elle erre, avec cet éloignement de soi propre aux marionnettistes qui la lie naturellement à la présence secrète de Marta Pereira, invisible, qui fait vivre les ombres par une gestuelle chorégraphique. Silvia Lenzi, violoncelliste, est la troisième présence au plateau, drapée et chargée comme un fétiche vaudou. Le trio symbiotique est porté par l’écho de la voix de Gamoneda que nous livre son compatriote Aitor Sanz Juanes.

Art de l’instant, la performance est la mécanique rêvée pour déchiffrer l’étoffe dont nous sommes faits. Sa dynamique nous incite à un renouvellement du geste dans lequel s’inscrit le corps en mouvement. Un corps, nourri par le verbe de l’auteur, comme par les injonctions musicales et visuelles qui le traversent.

Découverte par Le Livre des poisons, l’écriture de Gamoneda avait inspiré Poisons, performance créée dans le cadre des soirées nomades à la Fondation Cartier en 2012. La forme poétique était interprétée par la comédienne Edith Scob et la musicienne et chanteuse Hélène Breschand.

Incantations convoque quatre des œuvres de l’auteur, Froid des Limites, Pierres Gravées, Description du mensonge et Clarté sans repos.

La présentation de la performance au Jardin Parallèle affirme l’identité et le potentiel de ce lieu comme atelier de recherche théâtrale, liée aux écritures composites de la scène.

Durée 40 minutes

Entrée libre