CENDRILLON
SERGUEI PROKOVIEV / D’APRÈS LE CONTE DE CHARLES PERRAULT MICHEL KELEMENIS / BALLET DE GENÈVE Le chorégraphe Michel Kelemenis propose avec les danseurs du Ballet de Genève sa propre version de Cendrillon. Sur la musique de Prokofiev, il crée une chorégraphie originale insistant moins sur les malheurs de son héroïne que sur le passage délicat de l’enfance à l’âge adulte.
Cendre et souillon, tout un programme… C’est de ces deux mots qu’est composé Cendrillon, le nom d’une jeune fille qui n’a pas de nom. Ce personnage touchant, héroïne d’un conte archiconnu fut abondamment repris puisque Charles Perrault, les frères Grimm et le compositeur Sergueï Prokofiev s’y sont, entre autres, intéressés. Michel Kelemenis a choisi à son tour de s’emparer de cette belle et triste histoire en créant un ballet pour vingt-deux danseurs interprété par le Ballet de Genève. Partant de la musique de Prokofiev qu’il considère trop dépendante des codes du ballet en vigueur à l’époque où elle fut composée, il choisit de s’en affranchir. Cette oeuvre était en effet le fruit d’une commande.
Du coup le compositeur s’est vu imposer le nombre et la longueur des séquences ainsi que les différents tempos. C’est donc une nouvelle conception de ce ballet que propose Michel Kelemenis, plus dense, plus resserrée et surtout sans rupture afin de servir au mieux la tension qui anime le conte. Au récit de Charles Perrault, le chorégraphe a en outre préféré celui des frères Grimm. Ici Cendrillon est une enfant sur le point de devenir femme, ce qui accentue l’opposition entre elle et ses soeurs. Pas question de présenter ces dernières comme s’il s’agissait d’êtres au physique monstrueux ou grotesque. Au contraire, leur beauté est d’autant plus frappante qu’elle n’empêche pas la cruauté. Enfin le merveilleux
apparaît non sous la forme de fées, mais plus étrangement sous la figure de cinq Charmes évanescents. Entités indéfinissables, ils veillent sur le destin de la jeune fille. Il ne s’agit donc pas de trahir l’oeuvre de Prokofiev, mais de l’amener ailleurs dans une version d’autant plus efficace qu’elle fait la part belle au merveilleux.
Chorégraphe Michel Kelemenis - Scénographe Bruno de Lavenière - Lumières Harrys Picot - Costumes Philippe Combeau - Danseurs du Ballet de Genève - Directeur général Tobias Richter - Directeur du Ballet Philippe Cohen Production du ballet du Grand Théâtre de Genève, JTI partenaire